La maladie d’Alzheimer prouvent-elles que l’âme n’existe pas ?

Juste avant la mort, il arrive parfois que des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de démence, ayant été incohérentes pendant de nombreuses années, retrouvent soudainement leurs esprits. ...
Image représentant la perte de la fonction cérébrale.

Juste avant la mort, il arrive parfois que des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et de démence, ayant été incohérentes pendant de nombreuses années, retrouvent soudainement leurs esprits.  Leur mémoire, leur personnalité, leur esprit complet – ayant été recouverts si longtemps par la maladie que leurs proches avaient perdu tout espoir de rétablissement – reviennent dans un éclaircissement final. Ce phénomène est connu comme la lucidité terminale.

Pour certains, cela réfute l’argument philosophique selon lequel « l’âme » est simplement une fonction du cerveau.

Le philosophe contemporain Paul Edwards a publié l’ouvrage Alzheimer’s argument Against the Soul (Ndr. Alzheimer un argument contre l’âme) en 1995. Il a utilisé l’exemple de « Madame D. ». Madame D. était une femme gentille et généreuse, aidant souvent les autres. La maladie d’Alzheimer a drastiquement changé cela. « Toute son élégance a disparu. Elle ne reconnaissait plus ses enfants, et à un stade avancée devenait agressive. Elle qui avait toujours été aimable et aidait les autres a soudainement commencé à s’en prendre aux autres patients âgées », rapporte Robert Mays, un chercheur dans le domaines des expériences de mort imminente.  Mays a donné une présentation sur la lucidité terminale lors d’une conférence annuelle de la International Association for Near-Death Studies (IANDS), organisée par le Dr. Alexander Batthyany, professeur du département de science cognitive de l’université de Vienne.

Edwards considère que le cas de Madame D. montre que l’esprit ou l’âme n’existe pas séparément du cerveau. Lorsque le cerveau en endommagé, l’esprit de la personne est endommagé. Madame D. était aimable lorsque son cerveau fonctionnait, mais sa personnalité a disparu lorsque son cerveau a cessé de fonctionner correctement, prouvant que le cerveau crée l’esprit.

Batthyany estime que l’argument avancé par Edwards est « intuitivement convaincant ». Mais la lucidité terminale pourrait suggérer que l’esprit n’est pas détruit avec le cerveau, considère Batthyany.

Si l’esprit dépend des zones du cerveau pour son existence, il est difficile d’imaginer comment une personne toute entière – une personnes pouvant faire des connections avec cette mémoire et pouvant calmement et rationnellement interagir avec les autres et faire des actions cohérentes – pourrait revenir. Si des zones du cerveau sont largement affectées par la maladie, on pourrait considérer qu’il ne restera qu’un individu fragmenté.

Comparaison d’un cerveau normal âgé (gauche) et du cerveau d’un patient atteint d’une maladie d’Alzheimer (droite). (Wikimedia Commons)

Batthyany s’est demandé si l’argument d’Edwards serait aussi convaincant si la perte de faculté cognitive n’était que temporaire. Qu’en serait-il si Madame D. était dans un état de confusion provoqué par des médicaments ou dans un état de rêve ayant un effet similaire que celui de la maladie d’Alzheimer ? Cela ferait-il une différence dans la façon de considérer le cas selon Edwards si l’esprit de Madame D. retournait à son fonctionnement normal et que sa personnalité restait intacte ?

Lors de la lucidité terminale, on pourrait presque penser que l’esprit s’éloigne lui-même d’un cerveau malade, au moins brièvement et ceci proche du processus de mort véritable, rapporte Batthyany. En lisant de tels rapports, on ne peut qu’avoir l’impression que l’esprit est masqué derrière et contraint par le cerveau. En ses mots : « Tout comme la lune éclipse le soleil, le cerveau éclipse le soi. »

Les données

Des études complémentaires restent à effectuer sur la lucidité terminale pour comprendre le phénomène et toutes ses implications, explique Batthyany. Dans un questionnaire envoyé à 800 professionnels de santé, seuls 32 ont répondu. Ces 32 professionnels de santé avaient cumulativement suivi 227 patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de démence. Près de 10 % de ces patients avaient eu un retour soudain et bref à la lucidité. Ces professionnels de santé se sont néanmoins sélectionnés par eux-mêmes, prévient Batthyany. Le faible taux de réponse pourrait bien vouloir dire que ce phénomène est rare, et que nous avons surtout pris connaissance de ceux ayant observé la lucidité terminale chez les patients mourants.  Nous ne savons actuellement pas à quelle fréquence ce phénomène se manifeste. La plupart des personnes atteintes de démence meurent avec leur démence. Des cas de lucidité terminale ont pourtant eu un fort impact sur ceux l’ayant témoigné.

Un professionnel de santé s’est exprimé : « Avant que cela n’arrive, j’étais devenu assez cynique des légumes humains dont je m’occupais. Je comprends maintenant que je soigne des enfants de l’immortalité. Si vous aviez vu ce que j’ai vu, vous comprendriez que la démence peut affecter l’âme, mais ne la détruira pas. »

Des études menées par Michael Nahm et Bruce Greyson, comprenant celle publiée dans le Journal of Nervous and Mental Disease en 2010, sont basées sur des analyses de cas rapportés il y a 100 ans ou plus. Selon Batthyany, plus d’informations est nécessaire.

« Merci pour tout »

Batthyany a cité certains cas dans sa présentation, y compris le suivant : « Une femme âgée atteinte de démence, également muette, ne reconnaissait plus les gens et ne s’exprimait pas. De façon inattendue, elle a un jour appelé sa fille et l’a remercié pour tout. Elle a eu une conversation téléphonique avec ses petits-enfants, pleine d’attention et d’amabilité, a dit adieu, et est morte peu après. »

Dans une autre étude de cas, la patiente était muette et désorientée et n’a pas semblé remarquer ou comprendre lorsque son mari nommé Urs mourut. Quelques mois après la mort de son mari, elle s’est assise dans son lit, a ouvert sa main et s’est exprimé : « Urs ! Oui, oui, je suis prête ». Elle est morte peu après.

Bien que ce cas était un peu ambigu, selon Batthyany, il tranchait néanmoins avec les hallucinations qu’on peut parfois observer chez les patients atteints d’Alzheimer. Cette conversation était calme, cohérente et se basait sur des souvenirs qui n’avait pas été évoqué par la patiente depuis longtemps. Elle présentait également une similarité avec de nombreuses expériences de mort imminente, dans lesquelles des patients aux portes de la mort ou morts peu avant et ramenés à la vie se sont souvent vus planant au dessus de leur corps physique, voyant des êtres ou des scènes de l’au-delà, un sentiment d’euphorie et ainsi de suite.

Le point de vue du philosophe

Tout en cherchant plus de données scientifiques, Batthyany considère également les écrits des philosophes. Il cite Spinoza : « Vous pouvez avoir la lumière sans ombre, mais vous ne pouvez pas avoir l’ombre sans lumière. » La lucidité, l’état normal de l’esprit, est la lumière. La démence et la confusion sont les ombres.

Batthyany a également déclaré : « Vous pouvez avoir la vérité sans erreur, mais vous ne pouvez pas avoir l’erreur sans vérité. » L’erreur est une déviation, tout comme la démence et la maladie d’Alzheimer sont des déviations du fonctionnement normal du cerveau. Il peut encore y avoir un esprit véritable ou une lumière étincelant derrière les ombres de la maladie.

Batthyany termine sur une mise en garde. La recherche sur la lucidité terminale est un champ très jeune, et il serait prématuré de tirer des conclusions à partir du peu d’informations disponibles. Nous ne savons toujours pas ce qu’il se passe et comment il est possible que certains des patients ayant été désorientés pendant des années retrouvent une lucidité cognitive en la présence d’une lourde pathologie du cerveau.La recherche de Batthyany montre également que les épisodes de lucidité terminale tendent à être relativement courts (entre 30 minutes et 2 heures) et sont ainsi faciles à manquer.

La seule conclusion convaincante jusqu’ici semble être que nous ne devrions jamais cesser de donner de l’attention aux patients mourants, qu’ils soient déments ou non. Les expériences de fin de vie comme la lucidité terminale ont un impact fort et peuvent apporter une consolation à la famille, aux amis et aux professionnels de santé, quels que puissent être les implications plus larges.

Source: theepochtimes.com via epochtimes.fr

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